CaptureEn filigrane…
Il y a des beautés qui ne se laissent approcher qu’à travers les épines.
La girafe semble sortir d’un songe végétal. Son visage affleure entre les branches, pris dans un entrelacs de lignes sombres qui l’enserrent sans jamais la retenir. La lumière glisse sur son pelage ; les épines veillent. Puis, au cœur de cette rudesse, une douceur inattendue.
Ici, la nature se fait dense, presque impénétrable, dans l’épaisseur du vivant. Il faut l’œil d’un amoureux des horizons sauvages pour reconnaître, parmi les broussailles, cette apparition presque secrète. Hubert Roth ne cherche pas la girafe : il attend qu’elle consente à se montrer.
Alors les épines changent de sens. Elles ne blessent plus, elles dessinent. Elle nous regarde peut-être, mais ne nous appartient pas.
Telle est la singularité de cette photographie : nous laisser entrevoir la Tanzanie sans prétendre la saisir. Une terre indifférente à nos attentes, où la grâce s’obstine parmi les ronces, silencieuse, intacte.




